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imagerie_fonctionnelle" Attrait pour les jeux vidéo violents : 1. Effet de la violence dans les jeux vidéo : un débat nécessaire, mais trop passionné On sait que l'origine des comportements violents chez les enfants et adolescents est polyfactorielle (1) et va dépendre de nombreux paramètres environnementaux familiaux reconnus pour leur implication (antécédents de maltraitance, abus sexuels, alcoolisme ou criminalité chez les parents). Mais d¿autres facteurs individuels semblent avoir une influence plus directe sur l¿apparition de ces comportements violents, tels que les traits de personnalité (hostilité) ou des troubles psychiatriques de l¿enfance, mais aussi l'exposition aux médias violents.
Exploration du réseau du mode par défaut dans la schizophrénie A. le réseau du mode par défaut (RMD) : aspects théoriques 1. Introduction Dès le début des années 1980, l'imagerie fonctionnelle s'impose en tant que dispositif très prometteur pour la compréhension du fonctionnement du cerveau humain. Afin d'étudier les modifications de l'activité cérébrale lors d'une tâche, en particulier celles orientées vers un but, on a essentiellement appliqué une méthode "soustractive" qui repose sur la comparaison de l'activité mesurée lors de cette tâche à celle d'un état de contrôle (où la demande de ressources est différente de l'état qui correspond à la tâche étudiée).
Système endocannabinoïde, maladie de Huntington et syndrome de Gilles de la Tourette A. Maladie de Huntington 1. Introduction · La maladie de Huntington (MH) est une maladie neurodégénérative héréditaire, transmise selon le mode autosomique dominant et se manifestant par i) des troubles moteurs : d'abord des dyskinésies suivies de mouvements choréiques ; puis une bradykinésie et des dystonies ii) des troubles cognitifs de type frontal, conduisant à une démence iii) et des troubles psychiatriques (agressivité, impulsivité, paranoïa, troubles obsessionnels-compulsifs¿).
La maladie d'Alzheimer et son diagnostic prédémentiel A. Introduction · Selon les critères actuels le diagnostic de maladie d'Alzheimer (MA) ne peut être porté que face à une démence (1,2). Pourtant la neuropathologie alzheimérienne - plaques amyloïdes, dégénérescences neurofibrillaires et perte neuronale - apparaît et se développe bien avant la démence, peut-être plus de vingt ans avant celle-ci (3). Et Delacourte et coll. (4) ont montré que la démence ne se manifeste que lorsque les dégénérescences neurofibrillaires, jusque-là seulement présentes dans les régions internes et antérieures du lobe temporal(a), envahissent le néocortex associatif (annexe 1).
Le TOC : nature ou culture ? Depuis son introduction en tant qu4entité nosographique, le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) fait l4objet d4un vaste débat : plusieurs symptomatologies seraient réunies sous la même appellation et surtout différents travaux scientifiques issus surtout de l4imagerie fonctionnelle montrent que des bases neurobiologiques distinctes sous-tendent ces différences. Ces différences auraient donc aussi une origine génétique.
Apport de l'imagerie en découverte et développement (1ère partie) 1. Introduction Les différentes techniques d'imagerie médicale non invasives disponibles à l'heure actuelle ont largement fait (et font encore quotidiennement) la preuve de leur intérêt dans des domaines d'application très divers, tant du point de vue thérapeutique et diagnostique - imagerie anatomo-fonctionnelle de troubles psychiatriques, de maladies neuro-dégénératives, de processus cancéreux entre autres ; suivi longitudinal de ces maladies, de l'effet d'un traitement - qu'en recherche fondamentale proprement dite - imagerie in vivo de nombreux processus biologiques ; régions cérébrales sollicitées au cours de tâches sensorielles ou cognitives ; développement d'une imagerie fonctionnelle génique, etc.
Apprentissage des échecs et remédiation cognitive Alfred Binet, dans son ouvrage "Psychologie des grands calculateurs et des joueurs d'échec" publié en 1894, s'intéresse pour la première fois aux capacités cognitives des joueurs d'échec et de la "psychologie du combat" lors d'une partie, non plus en analysant des anecdotes souvent exagérées, mais sur la base d'expériences et d'observations. Il s'interrogea en particulier sur les sujets pratiquant le "en aveugle", qui pouvaient donc jouer une ou plusieurs parties en simultané sans avoir besoin d'échiquier et fit des analogies avec les "grands calculateurs". Pour lui, "l'érudition" (connaissance du jeu et des stratégies), "l'imagination" (au sens de visualisation et images mentales) et la mémoire étaient l'apanage des grands joueurs.
Neuro-anatomie de la conduite d'achat Le président d'une chaîne de télévision en vue dévoilait récemment le ressort ultime de sa profession. "Ce que nous vendons à Coca-Cola, expliquait-il dans un grand effort de sincérité, c'est du temps de cerveau disponible". De tels propos ont pu choquer. Ils se voient pourtant largement confirmés par la science. L'imagerie cérébrale fonctionnelle le démontre sans appel, c'est bien le cerveau humain qui constitue l'organe sollicité par la publicité. Et non la rétine, comme le croient encore les annonceurs formés aux connaissances de l'après-guerre.
Stimulation Magnétique Transcrânienne : vers une meilleure compréhension de ses mécanismes d'action Nous avons évoqué à plusieurs reprise dans Neuropsychiatrie : Tendances et Débats l'engouement relativement récent pour les nouvelles méthodes de stimulation électrique et magnétique du cerveau, en particulier la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), qui consiste en l'application de champs magnétiques alternatifs rapides, directement à même le scalp, dans le but de provoquer des courants électriques localisés au niveau du cortex cérébral superficiel et restreints à des régions relativement circonscrites(c) (pour détails, voir NPTD n°24, p 9-24).
La lésion de l'insula bloque totalement l'addiction à la cigarette Il est bien connu que la dépendance à la cigarette est une des formes d'addiction dont il est le plus difficile à se débarrasser, le "besoin" / l'envie (irrépressible) de fumer étant dans ce cas particulièrement prégnant et le taux de rechute particulièrement important. Les processus neurobiologiques et les mécanismes adaptatifs susceptibles de sous-tendre l'ensemble de ces phénomènes sont nombreux, de multiples hypothèses ayant été proposées (voir par exemple l'article de Jean-Pol Tassin p. 27 de ce numéro).
Kenneth L. Davis, Dennis Charney, Joseph T. Coyle, Charles Nemeroff, eds. Neuropsycho-pharmacology : The Fith Generation of Progress. Ce qu'on appelle un gros livre : deux mille et quelques pages, pas moins de 292 contributeurs ! Le grand orchestre du "Collège américain de neuro-psycho-pharmacologie", sous la direction de quatre chefs, qui co-signent l'ouvrage. Que trouve-t-on, en pratique, dans un tel morceau de bravoure? Deux types d'informations bien distinctes sur la psychopharmacologie, qui tendent à faire de ce livre la réunion en un seul volume de deux ouvrages différents.
Neuroanatomie de la dépression majeure Depuis une vingtaine d'années de multiples études ont été consacrées à l'identification des régions cérébrales impliquées dans la régulation de l'humeur. La revue de cette littérature foisonnante fait souvent apparaître des résultats contradictoires. Néanmoins, et surtout depuis le développement de la neuroimagerie fonctionnelle, il est apparu des données assez constantes permettant de mettre en cause une série de structures limbiques distribuées en réseaux et impliquées aussi bien dans les variations de l'humeur que dans les signes cognitifs, végétatifs et somatiques qui leur sont associés.
Etats dépressifs et Maladie de Parkinson Parmi les troubles psychiatriques observés au cours de la maladie de Parkinson (MP) les états dépressifs sont certainement les plus fréquents, et les études contrôlées ont montré qu'ils répondent aux traitements des états dépressifs primaires. Pourtant il sont très largement sous-traités, tantôt parce qu'ils sont méconnus ou sous-estimés, du fait des similitudes entre symptomatologie dépressive et symptomatologie parkinsonienne, tantôt parce qu'ils sont considérés comme une réaction psychologique à la MP.
Cytokines, stress et dépression (Symposium 15-16 mai 1998 ; Roscoff, France) 1. Introduction Une opinion classique est que les états dépressifs et le stress chronique s'accompagnent d'une immunosuppression attribuée, au moins pour partie, aux effets inhibiteurs qu'exercent les glucocorticoïdes sur les réponses immunitaires. Cependant des études récentes tendent à montrer que les états dépressifs peuvent aussi être associés à une activation immunitaire se manifestant par une augmentation de la synthèse et de la libération de certains médiateurs de l'immunité cellulaire, les cytokines.
Etude fonctionnelle des régions cérébrales activées par la nicotine La dépendance au tabac est généralement attribuée à la nicotine, qui produit de fait aussi bien chez l'homme que chez l'animal une forte dépendance, une tolérance ainsi qu'un syndrome de sevrage bien caractérisés. Les mécanismes responsables de ces propriétés addictives sont loin d'être totalement établis, mais chez l'animal, la nicotine interagit clairement, à l'instar des autres drogues, avec le système dopaminergique mésocorticolimbique, dont le rôle dans les effets de renforcement des substances addictives n'est plus à démontrer.
Schizophrénie et mémoire de travail 1.1. Pour les cognitivistes la mémoire de travail est une mémoire à court terme, de capacité limitée, qui assure simultanément le maintien des représentations cognitives et leur "manipulation" pour des opérations telles que la compréhension du langage ou la résolution de problèmes. Baddeley (1,2) en a développé une modélisation selon laquelle le système de mémoire de travail comporte un "administrateur central" et des "systèmes asservis" dont les mieux connus sont la "boucle phonologique" et le "bloc-notes visuo-spatial" (figure 1).
Neurobiologie de l'autisme On a longtemps fait de l'autisme une maladie purement psychologique, résultant d'événements très précoces dans l'environnement socio-culturel de l'enfant. Les études anatomiques (post-mortem et d'imagerie) menées pendant les deux dernières décades ont clairement montré que l'autisme est en fait la conséquence d'un trouble du développement du système nerveux central.
Schizophrénie et mémoire épisodique L'importance des troubles cognitifs de la schizophrénie pour le pronostic fonctionnel de la maladie n'a été reconnue que récemment et il y a eu peu d'études à ce sujet. Néanmoins selon la revue qu'en a faite Green (1996) (1) il apparaît que les troubles de la mémoire épisodique jouent là un rôle essentiel ; ils apparaissent en effet comme un facteur pronostique pour les trois domaines fonctionnels considérés : la qualité de vie (sociale et occupationnelle) en communauté, la capacité à reconnaître et à résoudre les problèmes sociaux et l'aptitude à réapprendre (ou acquérir) les règles et les comportements de la vie sociale.
Le trouble déficit de l'attention / Hyperactivité chez l'enfant 1. Introduction Un même phénotype du trouble "Déficit de l'attention/Hyperactivité" chez l'enfant est maintenant reconnu par les deux classifications internationales de la pathologie psychiatrique. Ceci devrait faciliter les études visant à en élucider la physiopathologie. D'ores et déjà les données acquises en neuropsychologie, en neuroimagerie et en biologie moléculaire permettent de mettre en cause les circuits des ganglions de la base et les voies dopaminergiques qui les afférentent.
Schizophrénie et "Dysconnectivité Fonctionnelle" 1. Introduction Grâce à la neuroimagerie fonctionnelle, on peut désormais étudier l'activité des "systèmes distribués" spécifiquement impliqués dans telle ou telle fonction, motrice, sensorielle ou cognitive (rappelons que le terme de système distribué décrit un ensemble de structures corticales et sous-corticales interconnectées qui agissent de concert).
Dépressions vasculaires 1. Introduction Diverses données plaident pour l'existence de "dépressions vasculaires", tout comme il existe des démences vasculaires, c'est-à-dire des dépressions secondaires à des lésions cérébrales ischémiques, circonscrites ou non (maladie cérébrovasculaire ou MCV). Inversement des troubles dépressifs pourraient favoriser le développement d'une MCV.
Au congrès de l'Association Américaine de Psychiatrie, Chicago 13-18 mai 2000 1. Introduction C'est dans la capitale de l'Illinois, la capitale du gratte-ciel et du hamburger, au mois de mai, que s'est tenu le 153e congrès annuel de l'American Psychiatric Association (APA). Que retenir de l'édition 2000 de cette institution bien rôdée de la psychiatrie américaine, qui ne trouverait guère d'équivalent en France... si ce n'est le salon de l'agriculture peut-être ? Tous les habitués étaient au rendez-vous : jeunes psychiatres affairés tentant leur chance avec leurs posters "nouvelles recherches", vieux "crooners" de la psychiatrie américaine (comment les appeler autrement ?)
Troubles cognitifs et pronostics des états dépressifs majeurs De nombreuses études ont montré que les états dépressifs majeurs peuvent s'accompagner de divers déficits neuropsychologiques affectant des fonctions gouvernées par le cortex préfrontal : vitesse de traitement des informations, apprentissage verbal et non verbal, et fonctions exécutives (résolution de problèmes, élaboration de stratégies, inhibition des réponses inadaptées ; flexibilité mentale ; rappel en mémoire sémantique et mémoire de travail). En revanche l'influence de ces troubles cognitifs sur la réponse au traitement antidépresseur est mal connue. Aussi faut-il retenir les résultats de deux études récentes.
Neuroimagerie fonctionnelle et PTSD Les études de neuroimagerie fonctionnelle chez les patients présentant un état de stress postraumatique (Post Traumatic Stress Disorder ou PTSD) sont peu nombreuses. Jusqu'ici elles s'étaient attachés aux patterns d'activité cérébrale induits par des stimulus "stressants" (rappelant l'événement traumatisant) et rapportés aux patterns induits par des stimulus "neutres", avec une comparaison aux résultats obtenus chez des sujets ayant vécu le même événement mais ne souffrant pas de PTSD (contrôles).
Peur et Anxiété 1. Introduction 1.1. Par le passé, la recherche quant au substratum physiologique des émotions a visé à identifier un système cérébral unique et polyvalent, responsable de toutes les émotions (1). Dans les années 1950 elle a abouti au concept de "système limbique". Très vite après, avec l'apparition des psychotropes, il a fallu y ajouter la notion d'une régulation fonctionnelle par les neurotransmetteurs et on a pu mener des études psychopharmacologiques chez l'animal et chez l'homme.
Délire d'influence et défaut de reconnaissance de ses propres actions Une étude originale a porté sur les liens possibles chez les schizophrènes entre délire d'influence (attribution erronnée de ses actes et de ses pensées à autrui ou à une "force" extérieure) et reconnaissance anormale de ses propres actions (1). Elle a été menée chez 24 schizophrènes comparés à 29 témoins. Les patients étaient âgés en moyenne de 34 ans, avec une durée moyenne de leur maladie de 11 ans ; tous recevaient un neuroleptique ; leurs scores moyens à la SAPS et à la SANS étaient respectivement de 25 et 41.
Neuroanatomie fonctionnelle du "craving" pour la cocaïne Le craving (littéralement "besoin maladif") est l'état motivationnel pathologique qui précède la recherche et la prise de produits addictifs (drogues). Son substratum neurobiologique a été étudié chez l'homme grâce à la neuroimagerie fonctionnelle, le craving étant induit par la projection de vidéos montrant des sujets usant de drogues, ou par l'évocation des expériences passées de prise de drogues, ou encore par une stimulation pharmacologique (par exemple, l'administration de cocaïne ou de méthylphénidate).
Localisations cérébrales : le retour Au fur et à mesure que tombent les résultats des études d¿imagerie cérébrale fonctionnelle, on a l'impression de revenir aux grandes heures du localisationisme neurologique. Verra-t-on bientôt réapparaître sur les bureaux des psychiatres de ces moules de cervelles à la mode de Gall, revus et corrigés par toutes les données acquises au PET-scan et à l'IRM ? "L'agressivité, c'est en avant que ça se passe, la dépersonnalisation, c¿est plus en arrière", et le médecin-cartographe de pointer un doigt accusateur vers la circonvolution fautive du malheureux embarrassé¿ Les temps sont proches chers neuropsychiatres, patience !
Addiction et cerveau : Rôle des neurotransmetteurs dans la cause et le traitement de la dépendance 1. Introduction La structure des drogues ainsi que leurs effets psychologiques et comportementaux produits sur l'individu sont très divers. Toutefois, toutes ont la particularité de moduler le système neuronal associé au renforcement des effets de la drogue (reward system ou système de récompense) et d'établir une dépendance. Le système de récompense, qui joue "naturellement" un rôle essentiel dans l'initiation et le maintien des comportements importants pour la survie de l'espèce (quête de nourriture, reproduction...), est constitué en circuit articulé autour des neurones dopaminergiques (DA) de l'aire tegmentale ventrale et de leurs projections sur les système limbique, avant tout le nucleus accumbens (ou striatum ventral) (1).
Dépression, antidépresseurs et neutransmission sérotoninergique. L'apport de la neuroimagerie. 1. Introduction 1.1. L'idée qu'un hypofonctionnement de la neurotransmission sérotoninergique joue un rôle majeur dans la physiopathologie de la dépression est née de l'efficacité antidépressive des inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) et elle est désormais bien (trop bien ?) admise. Elle peut en effet s'appuyer sur d'autres arguments, chimiques et expérimentaux, dont deux principaux.
Système de peur et troubles anxieux 1. Introduction Actuellement, une hypothèse en vogue quant à la physiopathologie des troubles anxieux est que ceux-ci résultent, au moins pour partie, du dysfonctionnement d'un "système de peur". En particulier les phobies spécifiques (simples) seraient l'expression d'un conditionnement de ce système, permettant qu'un stimulus "neutre", non menaçant, acquierre la capacité de déclencher une réaction de peur.
Neuroimagerie de la transmission dopaminergique et physiopathologie de la schizophrénie 1. L'étude des évènements neurobiochimiques et des circuits anatomiques impliqués dans les troubles psychiatriques bénéficie désormais des apports de trois techniques de neuroimagerie : d'une part le PET-Scan (Positron Emission Tomography - Scan) et le SPECT (Single Photon Emission Computed Tomography), d'autre part la spectroscopie en résonance magnétique (Magnetic Resonance Spectroscopy ou MRS) et enfin l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) (pour revues : 1-4).
Amygdale et dépression La neuroimagerie fonctionnelle avait déjà montré qu'au cours des états dépressifs majeurs l'amygdale est hyperactive "au repos" (1). Une étude récente s'est intéressée à ses réponses aux stimulus émotionnels (2). La procédure utilisée était celle du "masquage rétrograde" : les stimulus susceptibles de modifier l'état émotionnel (dans ce cas des photos de visages exprimant la peur ou la joie, ou encore "neutres") sont présentés de façon très brève (30-40 msec) et immédiatement suivis d'un stimulus de même type mais émotionnellement neutre et de plus longue durée.
L'alcool "frontalise" Quand on évoque les conséquences neuropathologiques de l'alcoolisme chronique, on envisage en priorité l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke et le syndrome de Korsakoff. De plus en plus de travaux toutefois mettent l'accent sur une action directement toxique de l'alcool au niveau des lobes frontaux : perte neuronale au niveau de la cingula, hypoperfusion frontale à l'imagerie fonctionnelle, baisse des performances "frontales" aux tests psychologiques. Une baisse des performances qui n'est pas sans poser de délicats problèmes d'interprétation.
La perception des visages et la communication sociale 1. Introduction 1.1. L'existence chez l'homme d'un système cérébral spécifiquement dédié à la perception des visages a été suggérée de longue date à partir de deux types de données. Les premières sont les observations de patients cérébrolésés qui présentent une incapacité à identifier les visages familiers sur la seule base des indices visuels (une "prosopagnosie") alors qu'ils n'ont pas ou peu de troubles de la reconnaissance visuelle d'autres objets.
Démence fronto-temporale - Un diagnostic à savoir évoquer 1.1. Le terme de démence fronto-temporale (DFT) décrit un syndrome clinique associé à une dégénérescence des lobes frontaux et temporaux ainsi que du striatum. Ce syndrome correspond à différentes entités histopathologiques. La plus connue, qui ne représente en fait que 25 % des cas, est la maladie de Pick, maintenant définie par la présence de "corps de Pick" (inclusions intraneuronales argyrophiles contenant notamment des protéines des neurofilaments), de cellules ballonnées (ou neurones gonflés) et d'une gliose sévère.
Antidépresseurs, sérotonine et anxiété 1. En 1964 Donald Klein signalait pour la première fois la possible efficacité d'un antidépresseur (l'imipramine) sur un trouble anxieux, le trouble panique (1). Près de 40 ans plus tard, de nombreuses études cliniques contrôlées ont montré qu'en effet les antidépresseurs sont également doués d'effets anxiolytiques, et qu'à cet égard ils se distinguent clairement des benzodiazépines (BZDs) sur deux points. D'une part leurs effets anxiolytiques ne se manifestent pas immédiatement mais après une administration prolongée et même certains d'entre eux (principalement les inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine) peuvent aggraver la symptomatologie anxieuse lors de leurs premières administrations. D'autre part leur spectre d'activité est différent (tableau 1)
Physiopathologie de la dépression - Un trouble de la neuroplasticité ? (I) 1. Durant la dernière décade, diverses données ont ouvert de nouvelles perspectives quant à la physiopathologie de la dépression. · La neuroimagerie fonctionnelle a apporté deux enseignements. D'une part les états dépressifs primaires s'accompagnent du dysfonctionnement d'un réseau de structures limbiques impliquées dans la genèse, l'expression ou le contrôle des réponses émotionnelles : diverses régions du cortex préfrontal (CPF), la formation hippocampique (FH) et l'amygdale. D'autre part ce dysfonctionnement est sensible aux traitements antidépresseurs efficaces. · Les études neuropathologiques ont précisé que ces structures présentent des troubles trophiques : atrophie des neurones et diminution de leurs connexions synaptiques, ainsi qu'une perte en astrocytes. Rappelons que ces derniers jouent un rôle déterminant dans l'homéostasie des neurones : ils assurent leur métabolisme énergétique lors de leur activation, ils les protègent envers les effets délétères de fortes concentrations extracellulaires de glutamate (excitotoxicité), et ils leur délivrent des facteurs neurotrophiques, essentiellement le BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor) et le GDNF (Glial Derived Neurotrophic Factor).
Etat de stress post-traumatique, amygdale et cortex cingulaire antérieur Toute une série d'études en neuroimagerie fonctionnelle ont été menées chez des patients souffrant d'un état de stress post-traumatique et réexposés à des stimulus liés à l'événement traumatique responsable. En comparaison aux résultats obtenus avec des stimulus neutres, elles ont mis en évidence une hypoactivation du cortex cingulaire antérieur (CCA) rostral et une hyperactivation de l'amygdale (par ex : 1,2).
Neurobiologie de la perception des émotions : implication dans les troubles psychiatriques (2) Nombre d'études ont examiné la nature des anomalies cérébrales structurales et fonctionnelles associées aux principaux troubles psychiatriques. Sur la base de ces données, et selon l'hypothèse qu'un système ventral - comprenant l'amygdale, l'insula, le striatum ventral et les régions ventrales du cortex cingulaire antérieur (CCA) et du cortex préfrontal (CPF) - et un système dorsal - constitué de l'hippocampe et des régions dorsales du CCA et du CPF - interviennent respectivement dans les différentes étapes qui caractérisent la perception et le traitement des émotions (pour détails, voir le numéro précédent de cette revue).
Le cortex cingulaire antérieur à l'interface de l'émotion et de la cognition Les données de la neuroimagerie Depuis que Broca (1878) (1) en avait fait la composante majeure de son "grand lobe limbique", on a longtemps considéré que le cortex cingulaire (CC) n'intervenait que dans les processus émotionnels. De fait certaines observations cliniques appuient ce point de vue. Des lésions tumorales ou vasculaires du CC peuvent induire divers changements affectifs : apathie, placidité, indifférence, ou au contraire hostilité, violence, boulimie, hypersexualité... En outre chez les épileptiques dont les crises naissent dans le CC le comportement intercritique est très souvent de type psychotique, marqué par l'insociabilité et la violence, tandis que les crises sont fréquemment déclenchées par une émotion et suivies d'une exagération du comportement psychotique.
L'empathie et la mentalisation à la lumière des neurosciences sociales L'empathie peut se définir comme la capacité de ressentir et comprendre les émotions et les sentiments des autres personnes. L'empathie implique donc un partage affectif, mais aussi une compréhension minimale des états mentaux qui accompagnent (ou sont la cause) des états émotionnels. Il s'agit d'une conduite complexe dans lequel différents processus, perceptifs, cognitifs, motivationnels et mnésiques interagissent (1). Bien qu'il existe de nombreuses définitions de l'empathie, la plupart des auteurs considère que ce comportement se caractérise par deux composantes primaires : i) une réponse affective envers autrui qui implique parfois (mais pas toujours) un partage de son état émotionnel, et ii) la capacité cognitive d'adopter le point de vue subjectif d'une autre personne (2).
Physiopathologie de la migraine Durant les années 1960-1980, la migraine était attribuée à une dysrégulation vasculaire selon un schéma très simple : l'aura résulte d'une ischémie cérébrale transitoire, induite par une vasoconstriction artérielle, et la céphalée témoigne d'une vasodilatation "rebond" qui active les nocicepteurs périvasculaires (1). Puis les premières études en neuroimagerie fonctionnelle ont suggéré que la migraine résulte en fait d'un dysfonctionnement des neurones corticaux et que les évènements vasculaires ne sont que des phénomènes secondaires (2). Aucune de ces deux théories ne permettait d'expliquer toute la clinique migraineuse et les travaux menés pendant les deux dernières décades ont montré qu'en fait les crises migraineuses relèvent à la fois d'évènements neuronaux, responsables de l'induction de la crise et pouvant se traduire par une aura, et de l'activation/sensibilisation du système trigémino-vasculaire (STV), responsable de la céphalée.
157 ème congrès de l'American Psychiatric Association : le psychisme dissout dans les psychotropes Le 157 ème congrès de l'American Psychiatric Association (APA) s'est tenu cette année à New York, au début du mois de mai. A elle seule, sa devise composait tout un programme : dissolving the mind-brain barrier. "Faisons tomber la barrière entre psychisme et cerveau", s'est efforcée de nous convaincre la présidente en titre de l'APA, Marcia Kraft Goin, dans une allocution d'ouverture qui irradiait d'optimisme. Le psychisme agit sur le fonctionnement cérébral, de même que les traitements psychotropes agissent sur le psychisme, devait-elle en substance argumenter. Dans ces conditions, le défi de la psychiatrie ne peut être qu'obvie : il nous faut intégrer la psychothérapie aux psychotropes. Message simple, soutenu par une foi scientiste à l'ardeur désarmante : "le jour est proche où l'ordinateur nous fournira le phénotype de chaque patient et associera ces informations à des détails spécifiques permettant l'usage approprié des agents psychopharmacologiques".
Un billet d'humeur La littérature psychiatrique, qu'elle soit "fondamentale" ou "clinique", devient de plus en plus pauvre, pour ne pas dire stérile. Les articles "cliniques" rendent compte presque exclusivement d'études de neuroimagerie fonctionnelle et d'essais thérapeutiques. La neuroimagerie fonctionnelle (dont nous aimerions bénéficier en France) a certes permis d'identifier avec plus ou moins de constance des régions cérébrales dont le dysfonctionnement est lié aux symptômes cliniques.
Cortex orbitofrontal, comportement et émotions Les fonctions du cortex orbitofrontal (COF) sont longtemps restées mal connues, même si certains cliniciens avaient souligné - à partir de l'examen post mortem du cerveau de patients "frontaux" - qu'une lésion bilatérale du COF perturbe peu ou pas les fonctions intellectuelles (apprentissage, mémoire, langage et attention) mais qu'elle est associée à des troubles sévères du comportement, du caractère et des émotions (1,2). Avec l'avènement de la neuroimagerie structurale, il a été possible d'étudier ces troubles chez des patients avec des lésions cérébrales concernant exclusivement ou essentiellement le COF.
David G. Myers. Psychologie. Septième édition. Flammarion Médecine-Sciences, 2004. Broché, 936 pages et 6531 illustrations. Le premier traité de Psychologie de D.G. Myers date de1986. Depuis se sont succédées six éditions révisées, dont la dernière vient d'être publiée en langue française. Précisons d'emblée que ce traité s'inscrit dans le courant de la "psychologie scientifique", à l'interface des sciences humaines et des neurosciences.
Perception des visages et de la voix chez les autistes Une des principales hypothèses avancées pour expliquer le déficit des interactions sociales chez les autistes est celle d'une perturbation du processus cognitif, dit "théorie de l'esprit", qui permet l'analyse des dispositions d'esprit et des intentions d'autrui (1). Cette capacité dépend de la "perception sociale", à savoir le traitement de tous les stimulus sensoriels doués d'une signification sociale (visage, voix, direction du regard, mouvements du corps...)
Cyto-architecture du cortex temporal dans la schizophrénie On ne compte plus les publications d'imagerie cérébrale mettant en cause une altération des structures temporales dans les schizophrénies. La majorité des mesures de la circonvolution temporale supérieure et du planum adjacent, par exemple, concluent à leur rétraction significative. Les deux aires sont par ailleurs régulièrement décrites à l'imagerie fonctionnelle comme le lieu d'une activation spécifique durant les phases d'hallucinations auditives. Ce second résultat n'a en soi rien d'étonnant : que les aires auditives fonctionnent quand on entend des voix est plutôt dans l'ordre des choses. Le premier en revanche conduit à s'interroger sur l'intégrité du cortex temporal.
Les fonctions du cortex cingulaire antérieur dorsal Sous le terme de cortex cingulaire antérieur dorsal (CCAd) sont regroupées les berges ventrale et dorsale du sillon cingulaire, une région dont on a montré chez le singe qu'elle contient l'aire motrice cingulaire rostrale (qui se projette sur les noyaux moteurs du tronc cérébral et les motoneurones spinaux), et qu'elle est réciproquement connectée avec le cortex prémoteur, le cortex préfrontal latéral, et le CCA rostral (apparenté au système limbique) (1). La fonction du CCAd a donné lieu à diverses hypothèses dont l'attention pour l'action, la sélection des réponses motrices et - surtout - la détection des erreurs de réponse, la détection des conflits entre plusieurs réponses possibles et l'évaluation des résultats des actions (paragraphes B-D).
Importance du stress dans la dépression : rôle du transporteur de la sérotonine et impact sur les interactions amygdalo-cingulaires Nous avons déjà évoqué le rôle joué par le polymorphisme du transporteur de la sérotonine (5-HTT) dans la vulnérabilité face aux événements "stressants" de la vie et à leurs effets dépressiogènes : le polymorphisme du 5-HTT réduit l'influence exercée par les événements "stressants" sur la dépression (pour détails, voir NPTD n°21 p 30). Par rapport aux individus homozygotes pour l'allèle long (l/l), les individus porteurs d'une ou deux copies de l'allèle court du 5-HTT (hétérozygotes c/l et homozygotes c/c) présentent plus souvent un syndrome dépressif bien caractérisé ou des symptômes dépressifs, et ils font plus souvent des tentatives de suicide en rapport avec des événements stressants (1)
Conversion hystérique et imagerie fonctionnelle Le trouble conversif constituerait-il une pathologie à part ? Vécu comme une réalité par le patient, l'absence de signes objectifs à l'examen la fait considérer comme une "pathologie sans substrat" par le clinicien. Une fois le diagnostic posé, la médecine "somatique" s'en remet à la psychiatrie et la "pathologie sans substrat", qui l'avait défiée sur son propre terrain, ne mérite plus son intérêt. Or, si la clinique de ce trouble est bien connue, les motivations précises qui le sous-tendent restent sujettes à l'interprétation et les mécanismes exacts qui la produisent sont encore mal compris. Ainsi, le fait de ne pas retrouver de lésion explicative dans le cerveau exclue t-il la possibilité d'un dysfonctionnement au sein de ce même organe ? Les conditions environnementales, les conflits, les stress et autres traumatismes ne pourraient-ils pas modifier l'activité cérébrale au point de provoquer alors un trouble pseudo-neurologique ?
La dépression : évolution ou révolution ? Une approche évolutionniste des troubles de l'humeur Si l'on analyse le phénomène dépressif du point de vue de la santé publique, les données sont alarmantes : il génère un coût important tant au niveau direct (en terme de consommation de soins, morbidité médicale associée), qu'indirect (baisse de productivité, arrêt de travail, chômage, impact des suicides) ou subjectif (qualité de vie, souffrance, perturbations au niveau socio-familial). Et malgré les stratégies thérapeutiques proposées, sa prévalence reste élevée, s'accompagne de rechutes fréquentes, et d'un taux de chronicité non négligeable. On ne peut voir alors en la dépression qu'un phénomène pathologique, invalidant et à traiter en priorité, et ceci en toute légitimité.
Intégration et modulation de la douleur dans le système nerveux central Depuis la fin du dix-neuvième siècle, les études des mécanismes de perception somesthésique ont été fortement influencées par la théorie spécifiste de Von Frey. A partir des idées de Müller proposant l'existence d'une "énergie spécifique" au sein des nerfs, puis la découverte des zones cutanées restreintes activées par une modalité sensorielle, l'hypothèse spécifiste a proposé que chacune des sensations cutanées serait sous-tendue par des neurones répondant seulement à un type de stimulus et codant exclusivement une sous-modalité somatosensorielle.
Le problème des schizophrénies aujourd'hui : pour une autre approche (1ère partie) Qu'est-ce que la schizophrénie ? Les traités de psychiatrie, la plupart des psychiatres répondent avec autorité à une telle question. La schizophrénie, aujourd'hui, c'est quelque chose de connu, de très étudié, sinon d'entièrement élucidé. Une affection qu'on estime fréquente, qui toucherait six cent mille personnes en France. Qu'est-ce que vit, qu'est-ce qu'éprouve un sujet qui souffre d'une telle affection ?
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