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Troubles dépressifs" Dépression gériatrique de début tardif, troubles cognitifs et évolution démentielle La dépression gériatrique (DG) est hétérogène. Certains patients ont eu des épisodes dépressifs récurrents depuis leur jeune âge (DG de début précoce, DGDP) et chez d'autres le premier épisode dépressif est survenu tardivement, à la soixantaine ou plus (DG de début tardif, DGDT). Globalement les patients DGDT se distinguent par les caractéristiques suivantes (1) i) moins d'antécédents familiaux de troubles de l'humeur ii) plus de troubles neurologiques et/ou somatiques chroniques, et plus de traitements médicamenteux dont la prise ou l'arrêt peuvent perturber l'humeur (tableau 1) iii) une apathie ou au contraire une agitation ainsi qu'une hypocondrie plus fréquentes iv) moins de sentiments de culpabilité et d'idéations suicidaires ...
Conduites suicidaires : les recommandations de l'APA L'Association américaine de psychiatrie poursuit sa mission de définir des standards thérapeutiques consensuels pour chacune des grandes pathologies psychiatriques. C'est au tour des comportements suicidaires de faire l'objet de guidelines officielles. Par son extension, sa polysémie, le sujet se prête plutôt mal à la formalisation de règles précises. Mais il n'est pas inutile de tenter l'exercice, ne serait-ce que pour rappeler l'essentiel de ce que les cliniciens doivent savoir, eux qui périodiquement éprouvent le besoin de vérifier qu'ils font à peu près ce qu'il convient de faire, surtout dans un domaine où leur responsabilité se trouve lourdement engagée.
Prévention des suicides Une équipe de Chicago a passé au crible ses dossiers d'observations et le témoignage des soignants de 76 patients qui se sont suicidés alors qu'ils se trouvaient hospitalisés dans un service spécialisé ou venaient à peine d'en sortir. Les facteurs de risque classiquement décrits n'ont pas eu la valeur prédictive escomptée : un suicidé sur deux seulement avait des antécédents récents de tentative de suicide, moins d'un sur quatre avait été hospitalisé pour ce motif.
Troubles de l'adaptation : le diagnostic éludé Pourquoi une situation clinique aussi banale que le "trouble de l'adaptation" est-elle si rarement diagnostiquée par la pratique psychiatrique actuelle ? En privilégiant systématiquement le diagnostic des troubles thymiques ou anxieux, les psychiatres n'en sont-ils pas arrivés à oublier qu'il peut être tout à fait normal, dans certaines circonstances, de connaître un malaise émotionnel, lequel ne fait que traduire notre "adaptation" progressive à un aléa difficile, qui momentanément nous dépasse ?
Dépression post-AVC Quel antidépresseur choisir lorsque survient (cas fréquent) une dépression dans les suites d'un accident vasculaire cérébral ? A priori on a plutôt l'embarras du choix. Mais l'air du temps nous pousserait volontiers à privilégier quelque produit "bien toléré sur un terrain vasculaire", un inhibiteur spécifique du recaptage de la sérotonine (ISRS) par exemple... Une récente étude nord-sud américaine (USA + Argentine) pourrait bien toutefois faire pencher la balance dans le sens de ces bons vieux tricycliques d'antan.
L'humeur et ses saisons Les variations de l'humeur en fonction des saisons sont un fait bien connu : guère de choix, apparemment, sous nos latitudes, entre un pic de dépression hivernale et une certaine euthymie estivale. D'aucuns en ont fait un argument majeur en faveur des effets de la luminosité sur le comportement, et nombre de programmes de recherche s'efforcent de démêler les facteurs qui interviendraient dans cette photo-régulation saisonnière de l'activité, parmi lesquels la mélatonine occupe une place de choix.
Troubles cognitifs et pronostics des états dépressifs majeurs De nombreuses études ont montré que les états dépressifs majeurs peuvent s'accompagner de divers déficits neuropsychologiques affectant des fonctions gouvernées par le cortex préfrontal : vitesse de traitement des informations, apprentissage verbal et non verbal, et fonctions exécutives (résolution de problèmes, élaboration de stratégies, inhibition des réponses inadaptées ; flexibilité mentale ; rappel en mémoire sémantique et mémoire de travail). En revanche l'influence de ces troubles cognitifs sur la réponse au traitement antidépresseur est mal connue. Aussi faut-il retenir les résultats de deux études récentes.
Episode dépressif majeur du post-partum 1. Les premières descriptions des troubles thymiques et psychotiques du post-partum datent d'Hippocrate. La nosographie psychiatrique contemporaine les classe en trois groupes : i) le "baby blues" qui affecte jusqu'à 80 % des femmes entre le 3e et le 10e jour après l'accouchement et qui est considéré comme bénin sauf si l'intensité du trouble thymique est sévère ii) les Episodes dépressifs majeurs du post-partum ou dépressions post-natales (DPN) qui débutent entre le 10e jour et la fin du premier mois du post-partum iii) la psychose puerpérale, beaucoup moins fréquente (0,1 à 0,2 %), qui débute en général durant les quatre premières semaines du post-partum, requiert une hospitalisation et un traitement antipsychotique incisif mais dont l'étiologie s'apparenterait plus aux Troubles bipolaires de l'humeur qu'aux troubles schizophréniques.
Les risques dépressifs liés à l'interféron Qu'il soit prescrit pour une hépatite chronique active ou pour une sclérose en plaques, l'interféron est tenu pour induire des troubles dépressifs. D'innombrables publications de cas ponctuels signalent cet effet secondaire non négligeable de l'interféron, sans que l'on ne dispose de données chiffrées quant à sa fréquence exacte. Aussi vaut-il la peine de prêter attention à une courte lettre adressée à l'American Journal of Psychiatry par une équipe japonaise, qui relate sa propre expérience en la matière, à partir d'une cohorte de patients traités pour une hépatite C.
Les troubles dépressifs majeurs unipolaires récurrents 1. La prévalence sur la vie des dépressions majeures unipolaires est élevée, de l'ordre de 15 % selon les études épidémiologiques récentes (voir par exemple 1). La morbidité et la mortalité (avant tout par suicide) qui leur sont liées sont importantes et leurs conséquences économiques sont lourdes (l'OMS a estimé qu'en 1990 la dépression était la quatrième des pathologies les plus coûteuses au monde et qu'en 2010 elle passerait au deuxième rang).
Dépression et maladies somatiques La revue Depression and Anxiety a publié une série d'articles consacrés aux problèmes particuliers de certains troubles dépressifs souvent observés (plus souvent que dans la population générale) chez les sujets affectés d'une maladie chronique grave, menaçant le pronostic fonctionnel et/ou vital. Nous en avons retenu quelques points.
Facteurs de prédictivité de Trouble Dépressif Majeur (TDM) chez le sujet âgé La prise en charge des Troubles Dépressifs Majeurs (TDM) du sujet âgé est notoirement insuffisante. Pour en faciliter et anticiper le diagnostic dans cette population, l'équipe de A.K. Berger a tenté d'en identifier les facteurs de prédictivité précoces. 185 sujets âgés d'au moins 75 ans, ne présentant aucune pathologie concomitante pouvant induire un TDM (démence, maladie de Parkinson, antécédents psychiatriques ou d'AVC etc...) ont été suivis sur une période de trois ans. Les outils utilisés ont été la Comprehensive Psychopathological Rating Scale, le Mini Mental State et le Katz Index of Activities of Daily Living.
La dépression au seuil des critères diagnostiques Nouvelles conceptions dans le domaine des états dépressifs Le trouble dépressif majeur unipolaire appartient aux affections parmi les plus fréquentes et les plus handicapantes. Une récente analyse épidémiologique de l'OMS le classe au quatrième rang des causes d'invalidité et de mort prématurée pour l'année 1990, juste après les affections des voies aériennes supérieures, les complications de la parturition et les diarrhées de l'enfant (1), tandis que des prévisions le situent en 2020 à la seconde place des affections pesant le plus sur la santé, derrière les cardiopathies ischémiques.
Suicide au volant Combien d'accidents de la route sont-ils en rapport avec un suicide ? Difficile de répondre à la question, les statistiques officielles n'étant guère fiables sur ce point. Une équipe finlandaise a eu l'idée de recouper ce type de statistiques avec les résultats des enquêtes menées par les "brigades de sécurité routière". En Finlande, ces dernières collaborent avec les compagnies d'assurance pour mener une investigation poussée, lors de tout accident de la route avec mort d'homme.
Homocystéine, hyperhomocystéinémie et dépression 1. Introduction L'étiopathogénie des maladies mentales est complexe. Elles sont le résultats d'une interaction entre un individu, sa vulnérabilité et un environnement qui recouvre de nombreux facteurs (sociaux, psychologiques, nutritionnels, toxiques etc.). Les découvertes récentes ont permis de mettre en évidence certaines anomalies pouvant être à l'origine de ces troubles et bien souvent elles concernent directement le cerveau.
Les protéines de l'inflammation HSP-70 : un nouveau marqueur de réponse au traitement antidépresseur ? Pouvoir prédire la réponse thérapeutique reste un objectif fondamental pour tout médecin. En psychiatrie cet aspect est longtemps resté l'objet de considérations intuitives s'accompagnant d'un taux d'incertitude élevé. La pharmacogénétique de la dépression permettrait de prédire en partie la réponse à un traitement antidépresseur, mais si de nombreux gènes ont été étudiés, les résultats sont très variables et parfois contradictoires. La Head-Shock-protein 70 (HSP70) (1) intéresse les chercheurs du fait de son implication dans de nombreux mécanismes physiologiques, mais surtout parce qu'elle possède une fonction neuroprotectrice au sein du système nerveux central lorsque celui-ci est lésé.
Création du réseau social et usage de substances psychoactives La causalité dans l'interaction gène-environnement est complexe à étudier, surtout lorsqu'il s'agit des comportements. Dès que l'on aborde ce domaine, le débat peut rapidement sortir du cadre scientifique et faire évoquer le risque de récupération politique (tout en sachant que la variabilité des comportements humains est une nécessité adaptative et ne remet pas en cause la valeur de l'égalité sociale).
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