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Neuroplasticité / Neuropathologie" Troubles de l'interaction sociale et système dopaminergique mésolimbique : rôle du BDNF Nous avons évoqué à plusieurs reprises dans NPTD le rôle majeur joué par le nucleus accumbens et les neurones dopaminergiques (DA) mésolimbiques dans l'identification et l'évaluation de la signification émotionnelle d'un stimulus, en particulier lorsque celui-ci a valeur de "récompense" (au sens large du terme), dans la genèse des états émotionnels en rapport avec cette "récompense" ainsi que dans les phénomènes d'apprentissages liés à la motivation et aux processus décisionnels qui contrôlent les mouvements dirigés vers une telle "récompense" ...
Même la chromatine a le "blues" Nous avons maintes fois évoqué le rôle putatif joué par le brain derived neurotrophic factor (BDNF), et d'une manière générale la neurotrophicité/neuroplasticité, dans la physiopathologie de la dépression et le mécanisme d'action - i.e délai d'action, effets prolongés au-delà de l'arrêt du traitement, etc - des antidépresseurs (pour détails, voir les numéros 19 et 20 de NPTD). De multiples mécanismes adaptatifs, au premier rang desquels figurent bien sûr des modifications de transcription (persistantes) d'un certain nombre de gènes, sous-tendent très vraisemblablement l'ensemble de ces processus. Un nouvel argument, de poids cette fois-ci, vient d'être apporté par l'étude de Tsankova et coll. (1) en faveur d'une telle hypothèse.
36th Annual Meeting - Society for Neuroscience (14-18 octobre 2006 - Atlanta - Etats-Unis) Parmi les très nombreuses thématiques abordées au 36e congrès de la Société Américaine des Neurosciences, nous avons choisi de rapporter essentiellement les communications affichées ayant trait aux liens entre la physiopathologie de la dépression, le système sérotoninergique (5-HT) et le brain-derived neurotrophic factor (BDNF). Depuis la mise en évidence, tout du moins chez le rongeur, d'une augmentation de l'expression du BDNF et de la neurogenèse dans l'hippocampe à l'issue d'un traitement antidépresseur, les études dévolues au rôle putatif joué par ce facteur neurotrophique dans le mode d'action des antidépresseurs et dans la dépression en général ont été légion - nous en avons parlé à de nombreuses reprises dans Neuropsychiatrie Tendances et Débats -, mais force est de constater que cette hypothèse d'une altération de la neurotrophicité/neuroplasticité dans la dépression et de sa modulation par les traitements antidépresseurs est loin d'être clairement établie (cf. infra).
Les effets neurotrophiques de la tianeptine B. Czéh et coll. avaient déjà montré, chez le singe écureuil, qu'un traitement prolongé par la tianeptine s'oppose à deux effets du stress chronique sur la formation hippocampique : son atrophie et la suppression de la neurogénèse qui perdure à l'âge adulte dans le gyrus dentelé (1).
Les effets neurotrophiques des antidépresseurs (suite) La GAP-43 (Growth Associated Protein-43), également appelée neuromoduline, est une protéine des membranes présynaptiques qui joue un rôle essentiel dans le développement synaptique en guidant la croissance des axones et en modulant la formation de nouvelles connexions. Deux études post-mortem ont montré que son expression est anormalement faible dans la formation hippocampique de patients déprimés (1,2).
Physiopathologie de la dépression - Un trouble de la neuroplasticité ? (II) Tandis que les hypothèses monoaminergiques classiques quant à la physiopathologie des troubles dépressifs faisaient la preuve de leurs limites, on a montré que les déprimés présentent des anomalies cérébrales évoquant des troubles de la neurotrophicité et de la neuroplasticité, et que ces troubles peuvent, au moins pour partie, résulter d'une hypersécrétion de corticostéroïdes (voir le n° 20 de cette revue pages 15-26).
Taux sériques de BDNF chez les patients déprimés Le rôle majeur putatif joué par l'up-regulation du brain derived neurotrophic factor (BDNF) - le BDNF restaurerait la trophicité et la plasticité neuronale dans les circuits limbiques, en particulier l'hippocampe - dans le mode d'action des antidépresseurs a déjà été évoqué à plusieurs reprises dans NPTD (pour détails, voir les numéros 15 et 20 ainsi que la page 20 de ce même numéro). Pour mémoire, rappelons que le facteur neurotrophique, injecté directement dans le mésencéphale ou dans l'hippocampe (gyrus dentelé ou région CA3), est doté chez le rat d'effets antidépresseurs dans les tests de la nage forcée et du learned helplessness (1,2). Par ailleurs, chez l'homme, deux études post-mortem ont montré que l'expression du BDNF et de son récepteur TrkB dans le gyrus dentelé étaient plus importante chez les déprimés traités au moment de leur décès que chez ceux qui ne l'étaient pas (3,4).
Physiopathologie de la dépression - Un trouble de la neuroplasticité ? (I) 1. Durant la dernière décade, diverses données ont ouvert de nouvelles perspectives quant à la physiopathologie de la dépression. · La neuroimagerie fonctionnelle a apporté deux enseignements. D'une part les états dépressifs primaires s'accompagnent du dysfonctionnement d'un réseau de structures limbiques impliquées dans la genèse, l'expression ou le contrôle des réponses émotionnelles : diverses régions du cortex préfrontal (CPF), la formation hippocampique (FH) et l'amygdale. D'autre part ce dysfonctionnement est sensible aux traitements antidépresseurs efficaces. · Les études neuropathologiques ont précisé que ces structures présentent des troubles trophiques : atrophie des neurones et diminution de leurs connexions synaptiques, ainsi qu'une perte en astrocytes. Rappelons que ces derniers jouent un rôle déterminant dans l'homéostasie des neurones : ils assurent leur métabolisme énergétique lors de leur activation, ils les protègent envers les effets délétères de fortes concentrations extracellulaires de glutamate (excitotoxicité), et ils leur délivrent des facteurs neurotrophiques, essentiellement le BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor) et le GDNF (Glial Derived Neurotrophic Factor).
Augmentation des taux de BDNF dans l'hippocampe de sujets traités par des antidépresseurs Nous avions déjà évoqué dans le premier numéro de Neuropsychiatrie : Tendances et débats le rôle probable d'un facteur de croissance, le "brain derived neurotrophic factor" (BDNF) dans le mode d'action des antidépresseurs (pour revue : 1). Un traitement chronique (mais pas aigu) par divers antidépresseurs - inhibiteurs sélectifs de la recapture de noradrénaline ou de sérotonine, inhibiteurs de la monoamine oxydase, antidépresseurs atypiques - ainsi que par des électrochocs ou le lithium accroît en effet l'expression du BDNF et de son récepteur dans l'hippocampe de rat (1,2).
Déficits cognitifs et dépression : vers une neuropathologie fonctionnelle ? · Les déficits cognitifs associés à la dépression sont souvent considérés comme des épiphénomènes de l'épisode dépressif. Pourtant les données de la neuropsychologie cognitive et de l'imagerie cérébrale tendent à montrer l'existence de dysfonctionnements neuroanatomiques et fonctionnels de circuits neuronaux fronto-sous-corticaux. Ces dysfonctionnements seraient à l'origine des déficits cognitifs d'ordres mnésiques, décisionnels, motivationnels, attentionnels et psychomoteurs observés dans la dépression (1).
Histopathologie du cortex préfrontal et troubles dépressifs 1. Données morphométriques · Ces études ont porté sur trois régions : i) la partie du gyrus cingulaire antérieur située en dessous du genou du corps calleux ii) le cortex préfontal dorsolatéral (Cx PFDL) iii) le cortex orbitofrontal (Cx OF) Elles ont été menées sur des populations différentes : épisodes dépressifs majeurs et troubles bipolaires à caractère familial (1), états dépressifs majeurs (2), troubles bipolaires (3). Leurs résultats sont néanmoins concordants.
Mode d'action des antidépresseurs : Rôle d'un facteur de croissance, le BDNF Au cours du 27e congrès de la Society for Neuroscience, qui a eu lieu du 25 au 30 octobre 1997 à la Nouvelle Orléans, très nombreux ont été les "posters" consacrés à l'identification de nouveaux marqueurs et anomalies (biochimiques, structurales, génétiques) susceptibles d'intervenir dans l'étiopathogénie de la dépression. Parmi ces "posters", retenons les travaux de l'équipe de Duman portant sur l'expression d'un facteur de croissance, le "brain derived neurotrophic factor" (BDNF), au cours d'un traitement par des antidépresseurs.
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