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Amygdale" Compte-rendu de Congrès : Bases neurales et troubles de la motivation (Paris - La Pitié Salpêtrière - 6 février 2004) A. A scientific approach to the representations of motivation and emotion in the brain, and their disorders (Edmund Rolls) Le compte-rendu de cette intervention paraîtra dans le prochain numéro de NPTD. B. Bases neurales de la motivation. Implication du cortex orbitofrontal et du striatum ventral (Léon Tremblay) 1. Essentiellement sur des données fonctionnelles, Alexander et coll. ont décrit dès 1986 (1) cinq systèmes d'entrée cortico-striatale, à l'origine de cinq circuits parallèles distincts traitant des fonctions différentes au sein des ganglions de la base (voir figure 1).L'existence d'une telle architecture de type parallèle n'est en fait pas incompatible avec un haut degré de convergence informationnelle entre (et au sein de) ces différents circuits, le caractère parallèle ou convergent des circuits cortico-striato-pallido(nigro)-thalamo-corticaux ayant fait l'objet de nombreux débats.
Neurobiologie de la perception des émotions : implication dans les troubles psychiatriques (2) Nombre d'études ont examiné la nature des anomalies cérébrales structurales et fonctionnelles associées aux principaux troubles psychiatriques. Sur la base de ces données, et selon l'hypothèse qu'un système ventral - comprenant l'amygdale, l'insula, le striatum ventral et les régions ventrales du cortex cingulaire antérieur (CCA) et du cortex préfrontal (CPF) - et un système dorsal - constitué de l'hippocampe et des régions dorsales du CCA et du CPF - interviennent respectivement dans les différentes étapes qui caractérisent la perception et le traitement des émotions (pour détails, voir le numéro précédent de cette revue).
Amygdale et mémoire émotionnelle Dès 1937, Klüver et Bucy (1) avaient suggéré, à la suite de lésions expérimentales réalisées chez le singe, que l'amygdale est impliquée dans les processus mnésiques mais ils furent peu écoutés. Puis la publication en 1957 de Scoville et Milner (2) quant aux troubles mnésiques des patients avec une lésion bilatérale de la formation hippocampique a pour longtemps focalisé sur cette dernière la recherche quant aux processus mnésiques. Pourtant ces patients avaient également des lésions biamygdaliennes et, à peu près en même temps, Gerard (1961) (3) avait souligné que - du fait de ses connexions réciproques avec le cortex associatif - l'amygdale est capable d'influer sur la formation et la consolidation des traces mnésiques.
Neurobiologie de la perception des émotions : structures et systèmes mis en jeu (1) Les études menées chez l'animal ou chez l'homme (études de lésion, études de stimulation et plus récemment la neuroimagerie chez le sujet sain) ont clairement mis en évidence les circuits et les structures impliquées dans la perception des émotions et dans la réponse émotionnelle. Une revue exhaustive de la littérature dans ce domaine a récemment permis à Phillips et coll. (1) d'appréhender le traitement des émotions en 3 étapes successives : 1. l'évaluation et l'identification (consciente ou inconsciente) de la signification émotionnelle (pertinence) du stimulus 2. la production d'un état affectif (spécifique) en réponse à ce stimulus, comprenant les réponses d'ordre végétatives, neuroendocriniennes ou somatomotrices (faciales, vocales, comportementales) aussi bien que les sentiments émotionnels conscients et inconscients 3. la régulation de cet état affectif et du comportement émotionnel, qui implique vraisemblablement une modulation des étapes 1 et 2 afin que cet état soit adapté au contexte.
Amygdale et extraversion Si, chez l'homme, la vue de visages exprimant la peur active l'amygdale de façon constante et importante (voir numéro 16 de cette revue, page 33), il n'en est pas de même pour les visages avec d'autres expressions, et en particulier ceux qui expriment le bonheur. Selon une étude en IRM fonctionnelle récente, le degré d'activation amygdalienne par les visages heureux est en fait fonction du degré d'extraversion des sujets, et seulement de ce trait de personnalité (1).
Amygdale et dépression La neuroimagerie fonctionnelle avait déjà montré qu'au cours des états dépressifs majeurs l'amygdale est hyperactive "au repos" (1). Une étude récente s'est intéressée à ses réponses aux stimulus émotionnels (2). La procédure utilisée était celle du "masquage rétrograde" : les stimulus susceptibles de modifier l'état émotionnel (dans ce cas des photos de visages exprimant la peur ou la joie, ou encore "neutres") sont présentés de façon très brève (30-40 msec) et immédiatement suivis d'un stimulus de même type mais émotionnellement neutre et de plus longue durée.
Peur et Anxiété 1. Introduction 1.1. Par le passé, la recherche quant au substratum physiologique des émotions a visé à identifier un système cérébral unique et polyvalent, responsable de toutes les émotions (1). Dans les années 1950 elle a abouti au concept de "système limbique". Très vite après, avec l'apparition des psychotropes, il a fallu y ajouter la notion d'une régulation fonctionnelle par les neurotransmetteurs et on a pu mener des études psychopharmacologiques chez l'animal et chez l'homme.
Structure et fonction de l'amygdale L'amygdale est une structure grise assez volumineuse située dans la partie antéromédiane du lobe temporal, où elle forme la paroi antérosupérieure de la corne inférieure du ventricule latéral. Les études expérimentales menées chez l'animal pendant la dernière décade ont montré qu'elle joue sans doute un rôle déterminant dans les comportements motivationnels, affectifs, émotionnels et sociaux. Ceci permet de penser que son dysfonctionnement pourrait être responsable de diverses pathologies chez l'homme, les hypothèses actuellement les mieux étayées concernant les troubles anxieux.
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