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Neuropsychiatrie : Tendances et Débats 2009 n°36 - ARTICLE ORIGINAL - TOC et stimulation cérébrale profonde : premiers résultats - BREVES REVUES - Antidépresseurs : la méthode des comparaisons multiples - Comportements impulsifs, agressivité et oxyde nitrique - Schizophrénie, cannabis, système endocannabinoïde - Physiopathologie de la schizophrénie : les hypothèses neurofonctionnelles de Anthony A. Grace - LITTERATURE RECENTE - Maladie d'Alzheimer : les antipsychotiques diminuent l'espérance de vie - Conflits d'intérêts aux USA : dans quelles proportions ? - Débat sur le pronostic des schizophrénies (suite) - Polymorphisme COMTval158 Met, stress et troubles psychotiques Neuropsychiatrie : Tendances et Débats 2009 n°36 ARTICLE ORIGINAL TOC et stimulation cérébrale profonde : premiers résultats Après l'examen des hypothèses, celui des preuves. Il a été exprimé dans cette revue suffisamment de réticences sur ce qui justifierait le recours à des techniques neurochirurgicales dans le traitement des troubles psychiatriques (1,2) pour ne pas se faire scrupule de rendre compte aussi objectivement que possible, des résultats de la première expérimentation française contrôlée de stimulation cérébrale profonde dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) (3).
BREVES REVUES Antidépresseurs : la méthode des comparaisons multiples 1. Prescrire des antidépresseurs : un art difficile Prescrire un antidépresseur n'est pas une tâche si simple : entre les réticences du patient, le défaut d'observance, les effets secondaires et les données scientifiques parfois contradictoires, le praticien a parfois du mal à faire les bons choix (ceux qui conviennent au patient). De même, les nombreuses guidelines ne parviennent pas toujours à faire le grand écart entre les données "dures" de l'Evidence Based Medecine (mais qui bien souvent répondent à des questions "larges" : efficacité, tolérance etc..) et les questions simples du quotidien du praticien. Il est rare qu'une seule publication réponde (ou permet de répondre) à toutes les questions qui peuvent se poser à propos de l'efficacité d'un traitement (tableau 1).
Comportements impulsifs, agressivité et oxyde nitrique A.L'impulsivité et les comportements impulsifs : une définition complexe pour un phénomène transnosographique Sous l'influence de la psychiatrie nord-américaine, la recherche sur l'impulsivité a subi un essor considérable depuis les années 70 : devant l'augmentation de la violence où l'impulsivité joue un rôle important, les chercheurs de diverses disciplines se sont intéressés à ce concept d'un point de vue socio-psychologique. Mais le deuxième niveau d'exploration, d'ordre biologique, est plus récent. Il intéresse plus spécifiquement le champ de la psychiatrie clinique et de la neurobiologie des comportements, car dans cette optique la notion d'impulsivité, supposée être liée à des phénomènes de dysrégulation, occupe une place importante dans l'origine de certains troubles du comportement et pathologies psychiatriques.
Schizophrénie, cannabis, système endocannabinoïde A. Introduction Le cannabis est l'une des drogues les plus consommées, du fait de ses effets "plaisants" (sensation de bien-être, euphorie, sédation...). Et sa consommation a augmenté fortement chez les adolescents et les jeunes adultes pendant les vingt dernières années. On sait depuis longtemps qu'une forte dose de cannabis induit des troubles psychotiques de courte durée (paragraphe B). Cependant le cannabis est, après le tabac et l'alcool, la drogue la plus consommée par les schizophrènes, dans l'espoir de réduire leurs symptômes négatifs et/ou les effets secondaires des antipsychotiques. Mais parallèlement le cannabis aggrave les troubles psychotiques positifs, et augmente leur durée ; en outre il augmente le risque de rechutes (par ex : 1-4).
Physiopathologie de la schizophrénie : les hypothèses neurofonctionnelles de Anthony A. Grace Depuis les années 1980, A.A. Grace, de l'Université de Pittsburg, travaille avec de nombreux collaborateurs sur les interactions fonctionnelles entre diverses structures des ganglions de la base, en particulier le striatum ventral, les aires corticales préfrontales et certaines régions limbiques (hippocampe, amygdale). L'étude de la modulation exercée par le système dopaminergique (DA) sur ces circuits occupe une place importante dans l'abondante littérature produite par Grace et ses collaborateurs, la majorité des travaux ayant été effectués in vivo chez le rat et quelques études ayant également été menées sur des tranches de tissu.
LITTERATURE RECENTE Maladie d'Alzheimer : les antipsychotiques diminuent l'espérance de vie La population vieillit, la fréquence des démences augmente : c'est la rançon apparemment de notre enviable longévité. Avec tout un ensemble de complications psychiatriques à la clé : agitation, agress-ivité, délires et hallucinations sont le lot commun de la maladie d'Alzheimer. La plupart de ces troubles se voient aujourd'hui traités par les antipsychotiques. "A petites doses", est-il bien spécifié dans les manuels de gériatrie, afin de ménager la susceptibilité du dément vis-à-vis de leurs effets secondaires. Reste pourtant un dilemme, que l'on préfère en général esquiver : l'analyse des essais cliniques, les méta-analyses montrent que le recours aux antipsychotiques se paie d'un surcroît de mortalité sur ce terrain.
Conflits d'intérêts aux USA : dans quelles proportions ? Il est aujourd'hui considéré comme une sorte de minimum déontologique que l'auteur d'une publication prévienne ses lecteurs qu'il a un conflit d'intérêts avec son sujet. La plupart des revues "sérieuses" se conforment à une telle exigence. En général cela se traduit par la mention en petits caractères, dans une note ou à la fin de l'article, que l'un des auteurs a été rémunéré, d'une façon ou autre, par le laboratoire qui développe la molécule ou la technique étudiée. Une retombée imprévue de cette volonté de transparence, c'est qu'elle donne maintenant lieu à toute une littérature qui s'attache à scruter les corrélations existant entre les résultats des essais et leur financement.
Débat sur le pronostic des schizophrénies (suite) La controverse sur le pronostic des schizophrénies (1) va pouvoir se poursuivre, de nouvelles données viennent la réalimenter : la publication, avec 10 ans de retard (pour des raisons de maison d4édition), du rapport final de l4International Study of Schizophrenia, la dernière en date des études internationales sur la schizophrénie à avoir été lancée par l'OMS (2). Le thème central de ce rapport, qui représente le fruit de près quarante années de collaboration épidémiologique internationale, porte en effet sur "l'évolution et la guérison des schizophrénies".
Polymorphisme COMTval158 Met, stress et troubles psychotiques 1. Introduction Il est bien connu que l'exposition aux stress de la vie quotidienne augmente le risque d'un développement ultérieur de troubles psychotiques (par exemple : 1). On sait aussi que le stress augmente l'activité des neurones dopaminergiques de l'aire tegmentale ventrale, via leurs récepteurs glucocorticoïdes, ainsi que l'activité de structures limbiques (Nucleus Accumbens, amygdale, Bed Nucleus of the Striata Terminalis), via leurs récepteurs du Cortisol Releasing Factor (2).
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