|
Tendances et Débats 2009 n°37 ARTICLES ORIGINAUX Réserves sur la stimulation cérébrale profonde dans les troubles obsessionnels compulsifs Comme a pris soin de les en informer, non sans une certaine précipitation, la Haute Autorité de Santé, les praticiens français réalisent peu à peu que la stimulation cérébrale profonde (SCP en abrégé) pourrait devenir dans un proche avenir une thérapeutique reconnue dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sévères (1, 2). Les résultats encourageants, du moins à court terme, obtenus par un premier essai clinique contrôlé contribuent à renforcer cette impression qu'une percée pourrait être en train de s'opérer dans ce domaine (3).
Durée de la psychose non traitée : un bilan d'étape Les schizophrénies forment un ensemble hétérogène de troubles psychotiques idiopathiques dont la gravité commune tient à un risque de handicap psycho-social majeur. Il paraît donc essentiel que soient examinées leurs éventuelles possibilités de prévention secondaire : quelles sont les meilleures stratégies thérapeutiques susceptibles de restreindre les complications de leur évolutivité ?
BREVES REVUES Exploration du réseau du mode par défaut dans la schizophrénie A. le réseau du mode par défaut (RMD) : aspects théoriques 1. Introduction Dès le début des années 1980, l'imagerie fonctionnelle s'impose en tant que dispositif très prometteur pour la compréhension du fonctionnement du cerveau humain. Afin d'étudier les modifications de l'activité cérébrale lors d'une tâche, en particulier celles orientées vers un but, on a essentiellement appliqué une méthode "soustractive" qui repose sur la comparaison de l'activité mesurée lors de cette tâche à celle d'un état de contrôle (où la demande de ressources est différente de l'état qui correspond à la tâche étudiée).
La dégénérescence lobaire frontotemporale, sa clinique et sa neuropathologie A. Introduction La dégénérescence lobaire frontotemporale (DLFT) conduit à une démence frontotemporale (DFT), parfois associée à un parkinsonisme ou à une maladie des neurones moteurs (DFT-MNM). La DFT est la deuxième cause de démences débutant avant 65 ans (10 - 20 % des cas) et elle est souvent héréditaire (20 - 40 % des cas) (1). A ce jour on a identifié des mutations de cinq gènes associées à une DLFT.
La sclérose hippocampique des sujets âgés A. Introduction La sclérose hippocampique (SH) se caractérise par une perte neuronale et une gliose importantes dans le secteur 1 de la corne d'Ammon (CA1), qui peuvent s'étendre dans le secteur 4 de cette dernière (CA4), le gyrus dentelé et le subiculum. On l'a observée d'abord chez des patients jeunes atteints d'une épilepsie temporale, mais on ne sait pas si elle est la cause ou la conséquence de celle-ci.
Les nouvelles directions thérapeutiques dans l'alcoolisme : le récepteur NK1 à l'honneur On le sait, l'arsenal thérapeutique dont nous disposons pour traiter l'alcoolisme (et d'une manière générale les états de dépendance) est fort restreint. Pour mémoire, rappelons qu'il se limite, pour ce qui est des traitements médicamenteux actuellement sur le marché, à trois molécules qui sont loin d'être la panacée (pour revue : 1) : · le disulfirame [Espéral®], qui, en interférant avec le métabolisme de l'alcool, entraîne des effets indésirables particulièrement pénibles et difficiles à vivre chez le sujet qui (re)boit de l'alcool.
LITTERATURE RECENTE La mémoire épisodique n'est pas la même chez l'homme et chez le rat Rappelons que le système de mémoire épisodique enregistre à long terme et avec une capacité quasi illimitée des événements personnellement vécus, des informations spécifiques acquises dans un contexte temporo-spatial particulier. Ce système présente deux caractéristiques essentielles : d'une part la mémoire épisodique est une mémoire explicite, c'est-à-dire que la récupération des informations se fait de façon intentionnelle et consciente(a), d'autre part la récupération implique non seulement l'information-cible, l'événement lui-même, mais aussi l'information contextuelle, à savoir le lieu, le moment et les événements contemporains de l'épisode au cours duquel le souvenir s'est construit.
Un DSM-V dystocique Le DSM-V est programmé pour 2012. S'il n'avait fallu que 7 ans de travail en moyenne pour la mise au point des précédentes éditions du célèbre manuel, celle actuellement en cours aura été beaucoup plus laborieuse à accoucher, ayant exigé plus de vingt ans de discussions et d'efforts. Un commentaire paru dans le dernier numéro de l'American Journal of Psychiatry lève un voile sur les difficultés auxquelles font face les auteurs en charge du projet (1).
Troubles cognitifs des schizophrénies : les atypiques ne font pas mieux On avait déjà longuement évoqué dans ces pages les doutes sérieux qui nous paraissaient peser sur cette notion qui court que les antipsychotiques atypiques possèderaient un effet thérapeutique supérieur à celui de leurs prédécesseurs en matière de troubles cognitifs dans les schizophrénies (1). Il suffisait en effet de décortiquer par le menu les protocoles de ce type d'essais cliniques (tous financés par les fabricants sans exception) pour se convaincre que le bât blessait en de multiples endroits, la principale faiblesse étant d'employer en tant que neuroleptique comparateur de l'halopéridol à des posologies à l'évidence handicapantes sur le plan du fonctionnement neuro-cognitif (que soit directement, ou indirectement par le recours aux correcteurs antiparkinsoniens qui en résultait).
|